PST de la CdC Quillebeuf-sur-Seine – Axe cadre de vie

     
 

La Communauté de communes du canton de Quillebeuf-sur-Seine a entrepris l’élaboration d’un Projet Social de Territoire dont l’objectif est de définir des priorités partagées sur son territoire. Ce Projet Social de territoire comprend 3 axes : la vie sociale, le développement économique et le cadre de vie. Le CAUE27 a été sollicité pour co-animer l’axe consacré au cadre de vie.

Dans ce cadre, le CAUE27 a proposé à la CdC du canton de Quillebeuf de réaliser une lecture de territoire et d’animer 3 journées de formation sur des thèmes choisis par les élus.

 

 
 
     
 

la lecture de territoire

 
 

La réalisation d’une lecture de territoire a été proposée par le CAUE27 avant l’animation des 3 journées afin de dégager les enjeux du territoire dès la phase amont de la réflexion. La lecture de territoire est une vision transversale du territoire sur les thématiques urbaines, architecturales et paysagères ; elle reflète le point de vue du CAUE27 sur la situation actuelle du canton, ses enjeux, son fonctionnement.

 

+ En savoir plus sur les lectures de territoire

 

La lecture de territoire a montré que le territoire de la CdC du canton de Quillebeuf dispose de plusieurs atouts : proche de grands bassins d’emplois et facilement accessible grâce aux réseaux routiers, il dispose d’une identité marquée du fait de sa topographie et de son patrimoine, son activité agricole est encore diversifiée. Les récentes hausses de population témoignent de cette attractivité.

Néanmoins cet accueil de population, parfois important, n’est pas sans conséquences sur le territoire cantonal. Il implique une hausse du parc du logement caractérisé par une implantation du bâti récent qui ne respecte pas toujours les caractéristiques identitaires du territoire : très majoritairement implanté en milieu de parcelle, le bâti récent contraste avec les formes urbaines plus anciennes du canton.

 

Ces formes urbaines héritées et le fonctionnement du territoire sont conditionnés par une topographie marquée. Trois entités se distinguent :

  • les espaces des vallées et du marais, très contraints, humides et au tissu urbain traditionnellement linéaire,
  • les espaces de coteau boisés qui offrent des points de vue donnant à voir le paysage,
  • les espaces de plateau nettement moins contraignant pour la culture et l’habitat, ce dernier plus dispersé sous forme de hameaux.

Du fait de cette diversité, les paysages sont riches sur le territoire de la CdC du canton de Quillebeuf. La qualité des paysages est fortement liée à la préservation des lisières entre espace bâti et agricole (haies, chemins ruraux, vergers, pâtures…) et au soin accordé au traitement de l’interface entre espace public et espace privé (clôtures, haies, bas côtés…). Ces deux éléments participent fortement de l’image donnée par une commune et de l’identité qu’elle traduit. Ainsi une implantation du bâti déconnecté du site et de l’espace public, une disposition des clôtures et accès sans cohérence d’ensemble ou encore la ténuité des lisières aboutissent à une perte de l’identité rurale revendiquée par le territoire.

 

Le vocabulaire « périurbain » utilisé par trop de bâtis récents est-il approprié aux villages et hameaux du canton de Quillebeuf-sur-Seine ? Au-delà de la qualité de l’intégration du bâti, l’identité d’une commune se dévoile aussi par le traitement de l’espace public. L’espace public accueille de nombreuses fonctions sociales, hydrauliques, environnementales, circulatoires, touristiques… Cet ensemble de fonctions permet de qualifier les modes de vie dans les villages. L’aménagement des espaces publics permet ainsi aussi de se questionner sur le fonctionnement des communes et sur la dynamique de vie sur le territoire.

 

Le territoire du canton de Quillebeuf-sur-Seine peut ainsi se prévaloir de disposer d’atouts, mais l’évolution du territoire doit être accompagnée afin d’être choisie et non subie. Le Projet Social de Territoire est l’occasion de questionner ces éléments. A l’issue de la lecture de territoire, 3 thèmes de formation ont été définis avec les élus :

 

  • Tous ces toits pour quoi ? Faut-il construire pour se développer ? : une journée consacrée à la notion de projet de territoire
  • La forme des villages : quelle évolution du bâti ? quels impacts sur l’activité agricole, les paysages, l’espace public et les équipements, la vie du village ?
  • Tant de vert pour quoi faire ? Quelle place accorder à la nature et aux paysages dans ma stratégie de développement ?

 

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  JOURNéE 1 – TOUS CES TOITS POUR QUOI ? FAUT-IL CONSTRUIRE POUR SE DEVELOPPER ?  
 

 

La première journée d’animation a porté sur la notion de projet de territoire et sur la question de la nature du développement d’un territoire : se limite-t-il aux nouvelles constructions qu’il accueille ? La journée s’est déroulée sous forme de présentation à l’appui d’un diaporama et d’ateliers en groupes.

La présentation avait pour but d’exposer le contexte national et cantonal sur plusieurs thèmes : le phénomène de périurbanisation, l’adéquation entre évolution démographique et évolution du parc de logements, la notion de projet de territoire.

 

Le premier atelier sous forme de métaplan avait pour but de questionner les élus sur le territoire de la CdC aujourd’hui et de se projetter sur son évolution à l’avenir :

  • quels sont les atouts de la CdC de Quillebeuf-sur-Seine pour accueillir de nouveaux habitants ?
  • à quelles conditions soumettriez-vous un développement de la construction sur le territoire de la CdC ?
  • que se passera-t-il en matière de construction s’il n’y avait pas de projet de territoire ?

Cet atelier a permis d’aborder des thèmes aussi variés que l’identité rurale et la place de l’activité agricole dans cette identité, la préservation des paysages et le rôle que joue l’urbanisation, le rythme d’accueil des nouveaux habitants et leur intégration, les documents d’urbanisme locaux, la réponse aux besoins en logements locatifs, le développement de l’emploi local.

 

Le deuxième atelier consistait à travailler sur des cartes montrant les dynamiques d’évolution de 3 communes du canton autour de quatre questions :

  • quelle évolution de l’urbanisation sur les 60 dernières années ?
  • quelle évolution dans le fonctionnement des communes ?
  • quel profil démographique des communes ? qui vient où ? comment penser l’offre de logements en fonction du profil de la commune ?
  • comment habite-t-on ces communes ?

Ce deuxième atelier a permis de mettre en évidence des constats et des évolutions souhaitées. Les élus ont noté la consommation des terres agricoles et l’urbanisation linéaire, leur impact sur les finances des communes. Les questions des logements, des services, des risques et nuisances ont mis en évidence l’intérêt d’anticiper les évolutions et de se coordonner, de mutualiser entre les communes.

 

 

 

 
 
     
  JOURNéE 2 – LA FORME DES VILLAGES  
 

La deuxième journée d’animation a porté sur les formes d’urbanisation sur le territoire cantonal. Le fil rouge de la journée était d’aborder l’implantation du bâti et l’aménagement des espaces publics à travers le filtre de la ruralité. La journée s’est déroulée en 3 temps : une itinérance, une présentation à l’appui d’un diaporama, un atelier en groupes.

 

Deux points d’arrêts ont animé l’itinérance afin de recueillir les réactions des élus sur 2 formes d’urbanisation. Un premier arrêt concernait la construction en diffus de 4 maisons individuelles le long d’une départementale ; un deuxième arrêt concernait un lotissement en centre-bourg.

 

Le diaporama a d’abord présenté un état des lieux du territoire en s’appuyant sur la lecture de territoire effectuée en amont des journées d’animation. Une présentation plus détaillée des types de tissus urbains a été effectuée en axant sur les usages divers accueillis par ces espaces et les impacts sur le vie locale. La deuxième partie de la présentation était consacrée aux principaux point d’attention à prendre en compte pour l’urbanisation d’un nouveau quartier. Cinq thèmes ont été abordés : l’intégration au site, l’organisation des circulations, l’organisation du parcellaire, les espaces plantés, les transitions entre espace privé et espace public.

 

 

L’atelier en groupe consistait à travailler sur 3 cas d’études, l’un en extension le long d’une voie existante dans une commune rurale, l’autre en extension sous forme de lotissement dans une commune périurbaine et enfin le dernier en renouvellement de centre-bourg. Deux questions posées aux élus ont animé les échanges :

  • quel est le résultat d’une urbanisation non maîtrisée ? quels avantages / inconvénients ?
  • quel est le résultat d’une urbanisation orientée ? quels avantages / inconvénients ?

 

L’étude des 3 cas a permis d’aborder des sujets comme le respect des caractéristiques des villages, l’intégration du nouveau quartier au reste du village, les liaisons notamment piétonnes et vélos, les espaces publics, la place de la voiture, la diversité des logements, l’anticipation des liaisons entre nouveaux quartier et tissu existant, le phasage des opérations.

 

 

  

 
 
     
  JOURNéE 3 – TANT DE VERT POUR QUOI FAIRE ?  
 

 

La troisième journée d’animation a porté sur les espaces non construits du canton, sur leurs valorisations et sur la place qu’on peut leur accorder dans une stratégie de développement. La journée s’est déroulée en 2 temps : un premier temps d’itinérance et un second temps en salle alternant atelier et présentation à l’appui d’un diaporama.

 

Les points d’arrêts de l’itinérance ont été choisis par les élus à la fin de la deuxième journée d’animation. Il s’agissait du point de vue sur le Marais Vernier et de la ferme fortifiée de Beaumont.

 

La suite de la journée en salle s’est décomposée en 4 thèmes :

  • les paysages du canton de Quillebeuf,
  • nature ordinaire, nature patrimoniale,
  • l’activité agricole,
  • le tourisme vert et l’écotourisme.

 

Chaque thème était abordé avec un atelier collectif puis une présentation et enfin un temps de débat-échanges.

Les différents temps de présentations se sont attachés à montrer le cadrage réglementaire ou les tendances observées puis, grâce à l’appui d’exemples, montrer de quelle manière la collectivité peut s’impliquer dans l’accompagnement de projets concernant les paysages, l’environnement, l’agriculture ou le tourisme vert.

La présentation a été l’occasion de souligner l’intérêt de combiner une approche de valorisation économique pouvant intéresser les privés dans les projets de valorisation du paysage. Concernant l’environnement et l’agriculture, l’accent a été mis respectivement sur la polyfonctionnalité des aménagements, et l’intérêt du maintien de la diversification de la production agricole. Enfin le tourisme a été abordé sous l’angle du tourisme vert, pouvant être intégré dans les politiques en faveur du paysage, de l’environnement ou de l’agriculture.

 

Les différents temps d’atelier prenaient appui sur plusieurs questions visant à connaître les lieux de paysage, de nature du canton, les incidences de l’activité agricole, les projets portés ou souhaités concernant les 4 thèmes abordés. Les élus ont aussi pu exprimer les freins qu’ils rencontrent.

 

 

 

 
 

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